Bracelet du Trésor de Clans

Les collections du musée d’Archéologie de Nice / Cimiez

Le musée d’Archéologie de Nice / Cimiez a été inauguré en janvier 1989, à proximité du site archéologique correspondant aux thermes de la ville de Cemenelum. Il succède au premier musée de site, créé en 1960, dans la villa des Arènes, actuel musée Matisse. Les collections concernent les âges des métaux, l’Antiquité et se développent jusqu’au haut Moyen Âge. Elles évoquent la vie à Cemenelum et dans la province des Alpes maritimae, par le biais de nombreux objets, découverts notamment lors des fouilles archéologiques, de 1954 à 1972, du site antique, mais aussi au-delà. En effet, des objets de tout le département, ainsi que ceux mis au jour dans l’épave de la Fourmigue C, au large de Golfe-Juan, sont également présentés.

Quelques objets des collections

Crédit : François Fernandez

Bracelet du Trésor de Clans

Bronze final (v. 1350-750 avant notre ère)
Bronze, L : 6 cm, l : 4,9 cm, ép. : 2 cm

La région de Nice a livré plusieurs ensembles d’objets en bronze attribuables au Bronze final (v. 1350-750 avant notre ère). Le dépôt de Clans a été découvert par un cordonnier, dans le Vallon de Mounar, lors de travaux de terrassement pour l’ouverture d’une route forestière. Il est majoritairement composé de parures massives carénées à décor incisé. Il s’agit d’une production régionale qui atteste du très haut degré de maîtrise atteint par les bronziers de la région. La présence dans ce dépôt, d’objets dont la forme renvoie à des aires géographiques éloignées, témoigne de la vitalité des réseaux d’échanges à longue distance reliant alors l’Europe continentale à la Méditerranée.

Sanglier d’Ilonse

Second âge du fer
Tôle de fer chaudronnée, L : 43, ht : 21 cm

Ce sanglier en tôle de fer a été découvert en 1995, dans une fosse à fond pierreux d’environ 40 cm de profondeur, au lieu-dit Loïrins, sur la commune d’Ilonse, dans les Alpes-Maritimes. Aucun autre objet associé n’a pu être mis en évidence. Il est composé de trois fragments de tôle de fer chaudronnée : deux coques qui forment une moitié de corps, du groin à l’arrière-train, et une feuille ventrale, qui opère la jonction entre les deux autres pièces. La comparaison avec d’autres objets du même type permet de suggérer la fonction d’enseigne militaire qui devait être fixée sur une hampe de bois permettant de la porter à bout de bras.

Crédit : François Fernandez
Crédit : François Fernandez

Tête d’homme barbu

IIe ou IIIe siècle de notre ère
Marbre, Ht : 28 cm

Cette tête d’homme très réaliste montre un inconnu barbu à la chevelure courte et bouclées. Ses pupilles sont incisées et ses lèvres charnues. Son front porte deux rides très marquées. Cette statue de marbre a été découverte sur les bords du Paillon, lors de la construction du lycée Masséna, en 1872. On est tenté d’y voir le portrait d’un notable de Cemenelum, décurion de sa cité.

Fragment de sarcophage à strigiles

IVe siècle de notre ère
Marbre, L : 70 cm, l : 67,5 cm, Ép : 3,7 cm

Réemployé comme appui de fenêtre d’une ferme, ce fragment de marbre est dégagé durant les fouilles des thermes du Nord, dans les années 1950. Il s’agit du motif central d’un sarcophage à strigile. Dans une arcade, reposant sur des pilastres cannelés surmontés de chapiteaux, on y distingue un homme à demi-nu appuyé sur un personnage féminin drapé. Interprété comme une scène funéraire, il pourrait s’agir d’un défunt emporté aux enfers par Proserpine.

Crédit : François Fernandez
Crédit : François Fernandez

Borne DCIV d’Auguste

 v.12-13 de notre ère
Calcaire, Ht : 1,22 m, l : 54 cm

Cette borne milliaire a été découverte au XIXe siècle, dans le vallon de Laghet, près de La Turbie. Ce type de bornes était installée au bord des voies tous les milles qui correspondaient à 1 000 pas de 1,48 m, soit 1,480 km. L’inscription mentionne qu’Auguste avait le titre d’Imperator pour la dixième fois et la puissance tribunicienne pour la onzième fois lors du bornage de la voie. La distance à partir de Rome est mentionnée : six cent quatre mille pas.

Stèle d’Epicadus Velox

Début du Ier siècle de notre ère
Calcaire, Ht : 2,34 m

Découverte en 1962 dans la nécropole au nord des thermes de Cemenelum, cette stèle « en porte de tombeau » est une des plus belles de la région. Décorée d’anneaux et d’armes, elle est surmontée par un fronton triangulaire orné de deux capricornes maintenant un disque solaire entre leurs pattes. Elle marquait la sépulture d’Epicadus Velox, soldat originaire de Dalmatie et faisant partie de la Cohors Ligurum. Elle constitue la preuve que cette cohorte, en garnison à Cemenelum, n’était pas uniquement constituée d’indigènes ligures mais intégrait également des éléments étrangers.

Crédit : François Fernandez