Visuel site archéo

Le site archéologique

L’antique cité romaine de Cemenelum a été édifiée au pied de l’oppidum (habitat fortifié) des Vediantii (aujourd’hui la colline Bellanda). Fondée à l’extrême fin du Ier siècle av. J.-C., après les campagnes de pacification des Alpes conduites par l’empereur Auguste, Cemenelum devient la capitale de la province des Alpes Maritimae.

Sa position stratégique sur le passage de la via Julia Augusta et au départ des routes vers les Alpes, lui permettait de contrôler les vallées. Pôle militaire, la cité devient la station permanente durant plus d’un siècle, d’au moins trois cohortes (corps d’infanterie). Son essor est dû à une politique impériale appliquée par les gouverneurs de la province. 

La cité de Cemenelum s’étendait sur au moins 20 hectares. Notre site archéologique, d’une surface de 2,5 hectares, correspond principalement au quartier des thermes. Il est constitué de trois espaces bien distincts dénommés selon leur situation géographique : thermes du Nord, de l’Est et de l’Ouest. Un quartier d’habitation, situé au sud, ne fait pas directement partie du complexe thermal.

Vue de la butte Bellanda, ancien oppidum (habitat fortifié) des Vediantii.
Crédit : Musée d’Archéologie de Nice / Cimiez.
Vue générale du site archéologique.
Crédit : Musée d’Archéologie de Nice / Cimiez.

Visite virtuelle en ligne

Le musée d’Archéologie de Nice / Cimiez propose une visite virtuelle en ligne du site archéologique de Cemenelum.

Cette visite invite à découvrir le site archéologique dans le cadre d’une visite guidée développée grâce à la technique de la vidéo 360°.

Ce dispositif est accessible en ligne sur mobile et sur le web.

Il peut être consulté en français et en anglais.

Découvrez le site archéologique comme si vous y étiez.

Les thermes de Cemenelum

Les thermes présentent des différences de superficie et d’aménagements extérieurs mais leur plan est identique. Chaque ensemble se compose de quatre salles en enfilade, orientées nord-sud. On pouvait circuler successivement dans le frigidarium (salle froide), le tepidarium (salle tiède), le laconicum (étuve sèche, placée à l’arrière du tepidarium) et deux caldaria (salles chaudes). 

La cité était alimentée en eau par deux aqueducs, l’un dit de « Falicon » (5 km de long) et l’autre dit de « Mouraille » (7 km de long). On remarque également un réseau d’égouts destiné à recevoir les eaux usées.

Classé au titre des Monuments Historiques en 1958, ce site archéologique fait l’objet, depuis le XIXe siècle, de nombreuses campagnes de fouilles archéologiques.

Pan du site archéologique de Cimiez.
Crédit : Musée d’Archéologie de Nice / Cimiez.
Reconstitution des thermes du Nord.
Crédit : Dessin B. Alunni / M.-Ch. Lemayeur.

Les thermes du Nord

Fin Ier – début IIe siècle ap. J.-C.

Les thermes du Nord sont les plus vastes. Ils présentaient autrefois une riche décoration (mosaïques, placage de marbres et enduits peints).

Dans le monde romain la fréquentation des thermes était une pratique quotidienne. Ces établissements publics étaient destinés à l’hygiène et aux plaisirs mais les romains pouvaient également y pratiquer des activités sportives ou simplement conviviales. 

Le baigneur se déshabillait dans l’apodyterium (vestiaire) et pratiquait différentes activités sportives dans la palestre (gymnase). Ensuite, il se rafraîchissait dans la natatio (piscine en plein air) et commençait son parcours. Les trois thermes de Cemenelum présentent le même plan dit à « parcours rétrograde », l’alignement des pièces oblige le baigneur à revenir sur ces pas. Ces thermes étaient également équipés de latrines (toilettes), disposées sur une banquette au pied de laquelle était placée une gouttière qui permettait un écoulement permanent de l’eau. 

Reconstitution du système de chauffage des thermes.
Crédit : Dessin B. Alunni / M.-Ch. Lemayeur.

Les termes de l’est

Fin Ier – début IIe siècle ap. J.-C.

Ne subsiste des thermes de l’Est que leurs fondations ainsi que les infrastructures destinées notamment au chauffage des pièces et des bassins. On peut ainsi observer un bel ensemble d’hypocaustes. Ce système de chauffage consistait en un dispositif de pilettes de terre cuite supportant les sols. Il permettait la circulation de l’air chaud à partir d’un foyer central (praefurnium) alimenté par du bois. Les fumées étaient évacuées par des tubuli (conduits en terre cuite) placés dans les parois des murs.

Dans la partie sud, on peut observer un four à chaux ainsi qu’une salle à abside dont la fonction n’a pas été clairement déterminée.

Reconstitution d’une rue animée de Cemenelum à l’époque romaine.
Crédit : Dessin B. Alunni / M.-Ch. Lemayeur

Le quartier sud

Dans la partie sud du site, on peut découvrir un magnifique decumanus (rue pavée de direction est-ouest). Une domus (maison) et deux boutiques ont également pu être identifiées. 

Les cités romaines étaient organisées selon deux axes : le decumanus maximus (est-ouest) et le cardo maximus (nord-sud). Ces deux voies principales se rencontraient sur le forum, centre économique, politique et religieux de la cité. A partir de ces deux axes, l’espace urbain était réparti en insulae (îlots), séparés par des rues secondaires et formant ainsi de véritables quartiers.

Vue aérienne des thermes de l’Ouest.
Crédit : Musée d’Archéologie de Nice / Cimiez.

Les thermes de l’ouest

Fin IIIe siècle ap. J.-C.

De dimensions plus modestes, les thermes de l’Ouest ont été construits au IIIe siècle ap. J.-C. A cette époque, la mixité dans les bains n’était plus de mise car l’empereur Hadrien (117 à 138 ap. J.-C.) l’avait interdit en décrétant des horaires aménagés.

Les thermes de l’Ouest sont transformés au Ve siècle ap. J.-C. en groupe épiscopal.

Reconstitution du baptistère de Cemenelum.
Crédit : Dessin B. Alunni / M.-Ch. Lemayeur.

Les premiers chrétiens à Cemenelum 

A la fin du IIIe siècle ap. J.-C., Cemenelum perd son titre de capitale de la province des Alpes Maritimae au profit d’Eburodunum (Embrun). La ville connait un renouveau au Ve siècle ap. J.-C. avec l’aménagement d’une cathédrale et d’un baptistère à l’intérieur des thermes de l’Ouest. Orienté à l’est, le chœur de l’église occupait le frigidarium et la nef s’étendait sur le tepidarium et sur les caldaria. Deux sacristies semblent avoir été aménagées de chaque côté du chœur. Construit sur l’emplacement du praefurnium (foyer), le baptistère est une salle contenant un ciborium (dais) de huit colonnes, surmontant une cuve baptismale de forme hexagonale. Au premier temps du christianisme, le baptême s’effectuait par immersion. 

Cemenelum après le Ve siècle

La vie urbaine est attestée à Cemenelum jusqu’à la fin du VIIe siècle ap. J.-C. Au VIe siècle ap. J.-C., son évêché disparaît au profit de celui de Nikaia (Nice). Cette période marque le début du déclin et de l’abandon progressif de la cité.

L’aménagement du terrain pour la culture de la vigne, entraine une modification du site, avec notamment l’installation d’une ferme dans le frigidarium des thermes du Nord. Ce bâtiment, dernier vestige visible avec l’amphithéâtre, était désigné dans la culture populaire locale comme « temple d’Apollon. »

Vue aérienne générale du site de Cimiez.
Crédit : Musée d’Archéologie de Nice / Cimiez.