oeuvre musee archeologie cimiez

Dossier enseignants

Le site et le musée

Le site de la ville antique de Cemenelum, capitale de la province des Alpes maritimae après la fin de la conquête des Alpes par Auguste et l’organisation du territoire ligure, présente trois ensembles thermaux complets, des rues, un réseau d’égouts, une schola, une domus (maison individuelle) et des boutiques. Ces vestiges ne représentent qu’environ 10 % de la superficie estimée de la cité antique. Le reste étant aujourd’hui enfoui sous les constructions modernes.

Thermes du Nord.
Dessin : B. Alunni / M.-Ch. Lemayeur.
Système de chauffage par hypocauste.
Dessin : B. Alunni / M.-Ch. Lemayeur.

Majoritairement du IIIe siècle, ces ruines comportent en fait différentes époques de construction du Ier au VIIe siècle.

Un mur du Ier siècle limite les thermes du nord. Cet ensemble thermal présente une salle froide, frigidarium ayant conservé une élévation de plus de 10 mètres. Pourvue d’un bassin, elle est en communication avec les salles chauffées, le tepidarium (salle tiède), le sudatorium (étuve) et les deux caldaria (salles chaudes).

A l’extérieur, le terrain de sport, la piscine et le bâtiment des salles annexes avec les latrines (toilettes collectives), permettent d’avoir une idée de la manière dont les Romains utilisaient les thermes et de l’importance de cette pratique dans la société. Les aspects techniques de ces bâtiments, notamment le système de chauffage sont visibles dans les thermes de l’est.

L’ensemble thermal de l’ouest, remanié fin IVe début Ve siècle, abrite les vestiges d’une église et d’un baptistère paléochrétiens, manifestations de vie urbaine au début du Moyen-Age et jusqu’au VIIe siècle.

Des maquettes de ces édifices sont présentées dans le musée.

Ce dernier, inauguré en janvier 1989, succède au premier musée de site créé en 1960 dans la villa des Arènes, actuel musée Matisse.

Les collections concernent les âges des métaux, l’antiquité et se développent jusqu’au haut Moyen Age. Elles évoquent la vie de Cemenelum et de la province des Alpes Maritimae, à travers les nombreux objets découverts lors des fouilles archéologiques de 1954 à 1972, sur le site acquis par la municipalité niçoise mais aussi au delà.

En effet, des objets de toute la région ainsi que ceux découverts dans l’épave de la Fourmigue au large de Golfe-juan, sont présentés. Parmi eux, il faut citer le petit masque de Silène en bronze, très belle pièce du Ier siècle av. J.-C. Toujours en bronze, le faune dansant du Ier siècle, trouvé à Cimiez.

Ces pièces et toutes les autres, statues, stèles, sarcophages, statuettes, vases, vaisselle, bijoux, flacons à parfum, épingles, monnaies, fragments de mobilier et autres objets permettent d’évoquer la vie quotidienne des populations, leur organisation sociale, leur cadre administratif, leur spiritualité.

Faune dansant dans un atrium.
Dessin : B. Alunni / M.-Ch. Lemayeur.
Amphithéâtre de Cemenelum.
Dessin : B. Alunni / M.-Ch. Lemayeur.

L’amphithéâtre

L’amphithéâtre de Cemenelum est érigé au Ier siècle au nord-ouest de la ville, Ses dimensions (69 m sur 57 m) le placent parmi les plus petits du monde romain. Entourant une piste de plan elliptique, deux anneaux de gradins concentriques ont été construits successivement.

La piste est accessible par deux entrées monumentales, aujourd’hui restaurées, placées sur le grand axe, et par lesquelles pénétrait le cortège inaugural des jeux.

Les spectateurs rejoignaient leurs places par des portes situées à la périphérie.

Autour de l’édifice, et encore visibles au nord, des consoles de pierres percées d’orifices verticaux rappellent la présence des mâts destinés à arrimer la bâche tendue (velum) abritant les spectateurs du soleil.

D’une capacité d’accueil de près de 4 500 personnes, l’amphithéâtre est entretenu au moins jusqu’au IIIe siècle. Sa pérennité traduit la faveur constante dont ont bénéficié auprès du public les spectacles sanglants qui y étaient donnés : combats de gladiateurs, chasses d’animaux sauvages et exécution de condamnés.

Qu’est ce que l’archéologie ?

L’archéologie est une discipline scientifique dont l’objectif est d’étudier et de reconstituer l’histoire de l’humanité depuis la Préhistoire jusqu’à l’époque contemporaine, au travers de l’ensemble des vestiges matériels ayant subsisté et été mis à jour lors de fouilles (objets, outils, ossements, poteries, armes, pièces de monnaies, bijoux, vêtements, empreintes, peintures, bâtiment, etc.).

L’archéologue, dans une approche diachronique, acquiert donc l’essentiel de sa documentation par le biais des travaux de terrain (prospections, sondages, fouilles, études de collections, analyses du bâti) en complément de l’historien, dont les principales sources sont les textes.

Le site de Cimiez lors des fouilles.
Dessin : B. Alunni / M.-Ch. Lemayeur.

Les documents écrits sont toutefois souvent utilisés avec profit en archéologie lorsqu’ils sont disponibles et conservés.

Le mot « archéologie » vient du grec ancien ἀρχαιολογία et est formé à partir des racines ἀρχαίος = ancien et λόγος= mot/parole/discours.

Toutefois, c’est avant tout à l’étude de l’objet fabriqué par l’homme, donc à la technicité, que l’archéologue consacre son travail.

L’archéologie est une discipline pluridisciplinaire : si les archéosciences relèvent des sciences humaines, elles font aussi appel à une panoplie de méthodes venant des sciences naturelles notamment dans le domaine des datations (carbone 14, dendrochronologie, thermoluminescence, etc.). Ces méthodes ne relèvent pas des compétences de l’archéologue, mais il doit savoir les interroger et en intégrer les résultats dans ses analyses.

Qu’est ce que l’archéologie expérimentale ?

L’archéologie expérimentale s’inscrit explicitement dans une démarche scientifique, revenant à recréer les objets et les techniques du passé selon les procédés de l’époque concernée, afin de vérifier les hypothèses formulées sur leur usage et leur mode de fabrication. L’application de cette discipline scientifique à la médiation culturelle permet de mettre les personnes accueillies dans l’établissement en position d’acteurs de l’acquisition de leur propre savoir. Cette méthode de transmission est largement employée dans notre établissement.

Documents à télécharger